L’homme et la nature, curieux rapport !

 

Dimanche 9 avril, jour de soleil un peu trop généreux pour la saison, PhiloZarts et ses amis ont planché sur le rapport entre l’homme et la nature, le tout au milieu d’une exposition de lithographies d’Orchidées absolument remarquable et les photos de Janine Mignot… ce sont toujours des moments qui nous permettent d’échanger réflexions et pensées multiples et variées. Voyage dans le temps pour saisir ce rapport homme/nature. Aristote qui attribuait une « âme » comme souffle de vie à tout corps vivant, végétal, animal et humain ; l’Ancien Testament qui nous enjoint de prendre possession du monde et de tout ce qui l’habite ; Descartes qui nous invite à devenir « maître et possesseur de la nature » et propose le programme de ce que nous connaissons aujourd’hui à travers les technosciences ; Descartes encore qui présente sa théorie de l’animal machine ; Bataille et l’idée que l’homme opère une double négation, de sa propre nature par le biais de l’éducation, et du monde donné par le biais de la technique ; Heidegger qui pointe l’évolution de notre regard sur la nature que nous ne percevons plus que comme immense réserve d’énergie que nous nous approprions selon nos besoins et non plus pour elle-même ; Hans Jonas qui invite à repenser notre responsabilité face au monde et aux générations à venir et finalement Rousseau qui nous rappelle que la nature est sans doute la plus belle source de bonheur !… tous ces éclairages nous ont donné à penser et surtout… à repenser notre rapport au monde, à la nature et à l’animal !… dans une ambiance chaleureuse et studieuse !
Le prochain rendez vous ce sera le 14 mai autour de la question « La photographie est-elle un art ? »

Janine Mignot
Janine Mignot

Extrait de la Genèse – Ancien testament :

« Dieu dit : ʺfaisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur ta terre !ʺ

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il est créa.

Dieu les bénit et Dieu leur dit : ʺSoyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur ta terre !ʺ ». 

Ainsi donc nous voici désignés pour devenir « maître et possesseur de la nature » comme le dira Descartes, dans le Discours de la méthode :

« Car [ces connaissances] m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative, qu’on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité d’artifices, qui feraient qu’on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie. »

Petite Bibliographie

René Descartes (1596-1650) Discours de la méthode

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) Les rêveries du promeneur solitaire, Folio, Gallimard

Martin Heidegger (1889-1976) Essais et conférences, coll. Tel, ed. Gallimard

Frédérique de Towarnicki, Martin Heidegger, Souvenirs et chroniques, Bibliothèque Rivages

 

Dimanche 12 février – Epictète était-il heureux ?

Rendez-vous Salle de la Sablonnière – Larchant à 11h pour se rencontrer et discuter avec Épictète…

Épictète

Étonnant personnage qu’Épictète ! Nous nous intéresserons à sa vision du monde, de la place de l’homme dans ce monde, de la liberté, de la mort, du bonheur enfin…. Né en 50 après J-C en Asie Mineure, il est amené à Rome comme esclave… inspiré par les stoïciens ce philosophe aura-t-il trouvé le bonheur ? Voici la question du jour qui nous permettra de rebondir sur d’autres….

 

Que faire de nos promesses ? Dimanche 20 novembre à 11h Salle de la Sablonnière à Larchant

Des promesses, nous en avons tous fait…. mais à qui, pourquoi et qu’en avons nous fait ?

photo Janine Mignot

photo Janine Mignot

La séance promet d’être questionnante, d’autant que cette notion de promesse n’a pas été souvent relevée par les philosophes. David Hume, philosophe, économiste et historien écossais, un des plus importants penseurs des Lumières, fut sans doute le premier à s’y intéresser sérieusement…. c’était donc au 18ème siècle, autant dire hier !

Nous serions heureux de vous retrouver ce dimanche 20 novembre à Larchant, pour ce rendez-vous philo dans la nouvelle salle de la Sablonnière (face à la salle de Chatenoy) à 11h. Nos discussions, comme à l’habitude à Larchant, se poursuivront autour du verre des amis de la sagesse !

Ces rendez-vous s’adressent à tous, aucune connaissance philosophique n’est requise pour pouvoir y participer.

Entrée libre et gratuite….

 

Dimanche 16 octobre 2016 à Larchant : Le temps est-il notre allié ?

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Quand on pose la question à un jeune graphiste, voilà ce qu’il propose (ci-dessus dessin à l’encre – Alexandre Cesarini 2015). Le temps dévastateur, perte de la jeunesse…. menaçant ! L’est-il vraiment ?

Quand on pose la question à un photographe, ça donne ça par exemple :

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Fenêtre fermée sur le monde… ou à ouvrir vers l’avenir ?

(Photographie de Janine Mignot 2016)

Quant aux philosophes…. succession de mots, de conception du temps… réalité ou construction humaine… promesse de lendemains meilleurs ou d’un vieillissement certain… disparition ?

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Et pourtant… même quand le temps passe et semble emporter notre jeunesse… le fait-il vraiment ? Cette jeunesse n’est-elle pas une certaine manière d’être et de penser ? Le temps ne nous apprendrait-il pas aussi à être tout simplement ce que nous sommes ?

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N’est-il pas toujours promesse d’un devenir vers un avenir toujours devant nous ?

Mais il faudrait, dans un premier temps, se demander de quoi nous parlons exactement quand nous parlons du temps… n’y a-t-il qu’une forme de temps… notre perception du temps est-elle univoque ? Ne pourrions-nous pas penser différents modes de perception du temps… temps sériel ou mondain, temps du suspens… esthétique… ou autres ?

Quelques jours plus tard !

Le mot de la fin de séance a été prononcé par la doyenne de ce rendez-vous sur le temps : « J’ai 92 ans 1/2, je ne fais plus de projets parce que je suis bien incertaine de pouvoir les réaliser… aussi je vis dans l’instant et j’y prend grand plaisir ! »

Salle de la Sablonnière à Larchant - Photo Janine Mignot
Salle de la Sablonnière à Larchant – Photo Janine Mignot
Photo Janine Mignot
Photo Janine Mignot

 

Parlez-moi de Liberté !

_JM05194C’était à Larchant, nous nous sommes retrouvés plus de 50 autour de la question de la liberté… beau sujet !

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Une très jolie exposition des photos de Janine Mignot nous accompagnait.

 

13Les fenêtres s’ouvrent et nous laissent nous échapper un peu… idée ou illusion de liberté ?

12A peine l’homme aura tourné le dos, la nature reprend ses droits. Silencieuse et souveraine, n’incarne-t-elle pas la liberté même ?

01Après une ballade entre les propositions de nos anciens, Epictete en tête, une ballade par le libre-arbitre avec Descartes et la conception kantienne de la liberté conditionnée à la morale et l’idée de la liberté comme autonomie ou faculté de se déterminer soi-même, nous nous sommes demandé si finalement, LA faculté de LA liberté ne serait pas, plutôt que la Raison… l’Imagination !

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Les discussions furent très intéressantes et nous nous sommes engagés à répondre… un jour… à la question :

Est-ce que penser la valeur de l’imagination quant à la liberté ne relèverait pas d’une croyance ?

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Y a-t-il de l’indicible – 12 Mars à 10h30 – Bibliothèque de Nemours

_JM05335Robert Antelme écrivait en 1947 l’avant propos de son unique livre L’espèce humaine. En voici un extrait :

« Dès les premiers jours cependant, il nous paraissait impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions et cette expérience que, pour la plupart, nous étions encore en train de poursuivre dans notre corps […] Cette disproportion entre l’expérience que nous avions vécue et le récit qu’il était possible d’en faire ne fit que se confirmer par la suite. Nous avions donc bien affaire à l’une de ces réalités qui font dire qu’elles dépassent l’imagination. »

_JM05320Et Semprun de son côté affirmait quelques années plus tard dans L’écriture ou la vie :

« Il y aura des survivants, certes. Moi, par exemple. Me voici survivant de service, opportunément apparu devant ces trois officiers d’une mission alliée pour leur raconter la fumée du crématoire, l’odeur de chair brûlée, les appels sous la neige, les corvées meurtrières, l’épuisement de la vie, l’espoir inépuisable, la sauvagerie de l’animal humain, la grandeur de l’homme, la nudité fraternelle et dévastée du regard des copains.
Mais peut-on raconter ? Le pourra-t-on ? »
« Le doute me vient dès ce premier instant.
Nous sommes le 12 avril 1945, le lendemain de la libération de Buchenwald. L’histoire est fraîche, en somme. Nul besoin d’un effort de mémoire particulier. Nul besoin non plus d’une documentation digne de foi, vérifiée. C’est encore au présent, la mort. Ca se passe sous nos yeux, il suffit de regarder. Ils continuent de mourir par centaines, les affamés du Petit Camp, les Juifs rescapés d’Auschwitz.
Il n’y a qu’à se laisser aller. La réalité est là, disponible. La parole aussi. »
« Pourtant, un doute me vient sur la possibilité de raconter. Non pas que l’expérience vécue soit indicible. Elle a été invivable, ce qui est tout autre chose, on le comprendra aisément. Autre chose qui ne concerne pas la forme d’un récit possible, mais sa substance. Non pas son articulation, mais sa densité. »

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Nombre de livres de témoignages ont été publiés. Nous ont-ils transmis autre chose que des faits ? Le langage a-t-il le pouvoir de dire l’expérience dans sa vérité… ou lui faut-il le recours à l’art… à cette forme particulière de l’imagination quand elle se fait création ?

En 1947, cette revue était publiée par les édition Michel de Romilly regroupant les dessins de Léon Delarbre, artiste résistant revenu des camps :

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img252Les intellectuels ne sont parvenus à prendre possession de cet « événement » que 20 ans plus tard… Il aura fallu tout ce temps de rumination pour saisir et pour en dire quelque chose ! Pourquoi ? Parce que l’événement était traumatique ? Parce que personne n’y croyait ? Parce qu’il y a de l’indicible et qu’il faut parvenir à le dire malgré tout ? Peut-être toutes ces raisons à la fois !

Pourtant, Jacques Rancière dans son article “S’il y a de l’irreprésentable” in L’art et la mémoire des camps, représenter, exterminer affirme ceci :

« […] l’usage inflationniste de la notion d’irreprésentable et de toute une série de notions auxquelles elle se connecte volontiers : l’imprésentable, l’impensable, l’intraitable, l’irrachetable, etc. Cet usage inflationniste fait en effet tomber sous un même concept et entoure d’une même aura de terreur sacrée toutes sortes de phénomènes, de processus et de notions, qui vont de l’interdit mosaïque de la représentation à la Shoah, en passant par le sublime kantien, la scène primitive freudienne, le Grand Verre de Duchamp ou le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch. »

Plus loin il compare l’écriture de Robert Antelme à celle de Flaubert, montrant ainsi que l’écriture concentrationnaire n’a pas trouvé son mode propre.

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Avons-nous besoin de rêver ? Dimanche 8 novembre à Larchant

 

 

Réflexion autour du rêve ce dimanche à 11h – Salle Châtenoy à Larchant… Je rêve, tu rêves, nous rêvons tous…. Y a-t-il une nécessité à cela ? De quoi parlons nous quand nous parlons de nos rêves ?

C’est avec les livres d’artiste de Tamara Lise que nous nous promènerons d’abord…
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Nos cogitations nous entrainerons inévitablement vers l’approche psychanalytique du rêve… avec Freud sans doute… mais d’autres aussi!

Quant à la philosophie, qui ne sera pas en reste, elle nous permettra de saluer au passage Bachelard et David Hume….

Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie : « Dans les quarante ans de ma vie de philosophe, j’ai entendu dire que la philosophie reprenait un nouveau départ avec le Cogito ergo sum de Descartes. J’ai dû aussi énoncer moi-même cette leçon initiale. Dans l’ordre des pensées, c’est une devise si claire! Mais n’en dérangerait-on pas le dogmatisme si l’on demandait au rêveur s’il est bien sûr d’être l’être qui rêve son rêve? Une telle question ne troublait guère un Descartes. Pour lui, penser, vouloir, aimer, rêver, c’est toujours une activité de son esprit. Il était sûr, l’heureux homme, que c’était lui, bien lui, lui seul qui avait passions et sagesse. Mais un rêveur, un vrai rêveur qui traverse les folies de la nuit, est-il sûr d’être lui-même ? Quant à nous, nous en doutons. Nous avons toujours reculé devant l’analyse des rêves de la nuit. Et c’est ainsi que nous sommes arrivés à cette distinction un peu sommaire qui cependant devait éclairer nos enquêtes. Le rêveur de la nuit ne peut énoncer un cogito. Le rêve de la nuit est un rêve sans rêveur. Au contraire, le rêveur de la rêverie garde assez de conscience pour dire : c’est moi qui rêve la rêverie, c’est moi qui suis heureux du loisir où je n’ai plus la tâche de penser. »

David Hume : « Il est des philosophes qui imaginent que nous sommes à chaque instant intimement conscients de ce que nous appelons notre moi, que nous en sentons l’existence et la continuité d’existence, et que nous sommes certains, avec une évidence qui dépasse celle d’une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. La sensation la plus forte, la passion la plus violente, disent-ils, loin de nous détourner de cette vue, ne la fixent que plus intensément et nous font considérer, par la douleur ou le plaisir qui les accompagne, l’influence qu’elles exercent sur le moi. Tenter d’en trouver une preuve supplémentaire serait en atténuer l’évidence, puisqu’on ne peut tirer aucune preuve d’un fait dont nous sommes si intimement conscients, et que nous ne pouvons être sûrs de rien si nous en doutons […]. Pour moi, quand je pénètre plus intimement dans ce que j’appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaleur ou de froid, de lumière ou d’ombre, d’amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne parviens jamais, à aucun moment, à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais rien observer d’autre que la perception. Quand mes perceptions sont absentes pour quelques temps, quand je dors profondément, par exemple, je suis, pendant tout ce temps, sans conscience de moi-même et on peut dire à juste titre que je n’existe pas. »

 

Larchant Dimanche 11 octobre 11h – L’amour, passion, illusion, affection, raison ?

Ce sera le dernier volet de la trilogie Désir, Amour et Amitié.

Nous voyagerons avec Platon qui nous explique l’origine de l’amour… mais aussi ce qu’il doit être…

Rousseau nous emmènera visiter le passage de l’amour de soi à l’amour propre…

Et nous chercherons quand même à comprendre ce que nous pouvons supposer être l’amour finalement !