Ils sont écoliers et déjà philosophes

Après « Le bonheur à l’école » avec Epicure et Schopenhauer (Classes de CE2/CE1 en 2015), une nouvelle expérience est menée. il s’agit cette fois de confier à des élèves de seconde la tâche de faire découvrir « La conception du bonheur selon Epicure » et d’engager la discussion avec des élèves de CE1/CE2.

https://www.ac-orleans-tours.fr/dsden45/la_dsden/publications/actualites/a_la_une/#c171518

14 – 18 et Après

Les Rencontres de Larchant en Pays de Nemours

14-18 et après ?

Samedi et dimanche de 11h à 19h

Du 10 novembre au 2 décembre 2018

Expositions, conférences, projections, concerts, théâtre

Salle de la Sablonnière – 1, rue de la Cave Châtenoy – 77760 Larchant

Renseignements : www.larchant.fr ou  village@larchant.fr ou 01 64 28 16 17

Les récits sont multiples. Il y a mille et une façons de dire la Grande Guerre, d’en penser les suites.

Larchant, ses associations, ont choisi de rappeler la mémoire des disparus du village. A partir d’eux, celle des événements nationaux, mondiaux qui les emportèrent. Ainsi fonctionne la micro-histoire.  Ancrée dans les épreuves humaines, elle en tire sa force.

2018 : depuis quatre ans, les commémorations ont lieu ici ou là, abondantes, multiples, ravivées. Le temps est venu de prêter attention au façonnement des traces, à la construction de cette mémoire collective, infiniment mouvante.

Journaux intimes, menus objets rapportés du front, correspondances, photographies, tombes et monuments…, elle fut le fait des poilus eux-mêmes, de leurs proches, de la génération qui suivit.

Aujourd’hui même, des historiens, des philosophes, des peintres, des photographes, des comédiens, des écrivains, des musiciens fabriquent à leur façon le souvenir. L’enjeu de solidarité est aussi vif que lors des années vingt lorsque les monuments de pierre resserraient les liens au cœur de chaque village. Pour cette raison, Larchant eut à cœur d’associer à cette commémoration de la fin de la guerre les vingt-et-une communes de la Communauté de Communes du Pays de Nemours. La mémoire n’est pas une chose morte. Elle est vive.

 

Samedi 10 novembre

11h – Ouverture de l’exposition

16h – Visite commentée Michel Lepage

17h – Inauguration par Vincent Mével, Maire de Larchant et le pianiste Christophe Vautier

 

Dimanche 11 novembre

11h Accueil du cortège des Anciens Combattants suivi du pot de l’amitié avec une visite commentée par Michel Lepage

17h Rencontres conférence PhiloZarts autour de la conception de l’exposition 14-18 et après ? par Monique Sicard avec Angela Espermüller, Laurence Manesse Cesarini, Laurence Mével et Janine Mignot

18h Apéritif dinatoire pour prolonger les échanges

 

Samedi 17 novembre

17h Lecture d’extraits du livre Cris de Laurent Gaudé. On peut lire, en 4ème de couverture : « Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914… »

Par Guillaume Chapet, comédien et metteur-en-scène. Formé au Théâtre National de Bourgogne. Il partage aujourd’hui son activité professionnelle entre action culturelle (ateliers théâtre, interventions en milieu scolaire…) et lectures publiques.

 

Dimanche 18 novembre

11h Rencontre PhiloZarts « La guerre et la question de la disparition » par Laurence Manesse Cesarini, professeure de philosophie, essayiste, et Bernard Saison, historien archéologue. Une chose inouïe se produit lors de la « Grande Guerre » : la disparition des corps, engloutis dans les boues, mais aussi la disparition des villages et des paysages, dévastés par les obus. Ce n’est qu’un début, la disparition poursuit son chemin et change de forme au cours du 20e siècle. La disparition n’est pas l’absence, l’absent est quelque part ailleurs, le disparu laisse une place vide comme le signe d’une attente, d’une recherche ou d’une inquiétude au présent.

 

Samedi 24 novembre

17h Conférence « La Grande Guerre à Larchant » par Michel Lepage, chercheur au CNRS, enfant du pays et passionné d’archives. Michel Lepage raconte ici, en images et en textes, les échos de la grande guerre à Larchant.

 

Dimanche 25 novembre

15h Visite commentée des expositions

16h Lecture d’une correspondance Lettres à Louise

26 décembre 1999. La tempête Lothar qui s’abat sur l’Europe vient à bout de la cheminée de la vieille maison. Les ouvriers venus réparer les dégâts découvrent, cachées derrière la maçonnerie, deux cents lettres adressées à Louise, une jeune paysanne. Elles ont, pour la plupart, été écrites par Justin, son mari. Mobilisé à l’automne 1914, il ne connaîtra que cinq années plus tard le retour définitif au village.

Texte : Monique Sicard – Mise en espace : Norma Guevara – Lecture : Cécile Georgiades –
Chansons : Michel Allaire

Samedi 1er décembre

16h Visite commentée des expositions

Dimanche 2 décembre

16h Concert La plainte, au loin, du faune… par le pianiste Christophe Vautier.

Christophe Vautier présente ici un hommage à Claude Debussy, disparu en 1918 alors que la guerre s’achève. De nombreux compositeurs reconnurent alors dans son rejet des académismes l’espoir d’un renouveau de la musique occidentale toute entière. Un siècle neuf prenait naissance. Ce sera le 20e. Maurice Ravel, Paul Dukas, Béla Bartók, Enrique Granados, Alban Berg et, bien sûr Claude Debussy lui-même, seront au rendez-vous de cette rencontre.

Elève de György Cziffra, Christophe Vautier offre une musique limpide, exigeante, profonde. Sa générosité nous invite à entendre et comprendre des œuvres délicates sans la moindre concession à la facilité. Nous sortons à coup sûr transformés d’une heure passée à l’écouter avec attention tant la musique embrasse une manière de vivre.

 

17h30 Pot de décrochage

 

LES EXPOSITIONS

 

 

Pascal Bost Sacrifiés

Pascal Bost est né à Périgueux. En 1985 il est diplômé de l’École Camondo (Paris), architecture d’intérieur et design. Il collabore avec différents architectes et designers avant de se diriger définitivement vers la peinture. En 1989 il devient membre de la Maison des Artistes et s’engage dans plusieurs associations artistiques. 2001 est l’année de son installation à Château-Landon où il s’investit dans différents projets autour des Arts Contemporains comme les Ephémères de Château-Landon, biennale d’Art Contemporain. Le minéral est partie prenante dans son approche plastique, aussi il a accepté l’invitation à créer une œuvre pour la commémoration de la Grande Guerre. Guerre qui a englouti des milliers d’hommes. Son triptyque veut porter témoignage de sa propre révolte contre « …cette comédie humaine, le gâchis de toutes ces vies d’innocents sacrifiés pour rien. Ce grand chaos dans une totale absence de respect de l’humain ! » nous dit-il.

 

Gilles Dumas Le grand chambardement (12 œuvres présentées sur 27)

Né le 2 Mars 1951 à Paris, Gilles Dumas a suivi les cours de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris entre 1972 et 1976. Il s’installe alors à Meudon où il vivra et travaillera jusqu’à sa mort le 22 novembre 2004.

Sa dernière exposition, en 2003 au Centre d’art et de culture de la ville de Meudon, intitulée « Le grand chambardement » avait pour thème la guerre de 1914. Elle était composée de 27 œuvres, de formats différents, mais toutes réalisées au pastel, à l’encre et à l’aquarelle. Après sa mort, l’exposition sera présentée au mémorial de Verdun en 2006.

« De mon enfance, il reste de la grande guerre du grand-père sa gourde cabossée, la baïonnette qui fut ensanglantée, une mémoire ravagée par l’indicible, sa mort, encore jeune, une grand-mère qui longtemps pleure sa génération décimée. Des photographies en noir et blanc comme les traces visibles d’une apocalypse qu’ils vécurent en couleur, des schrapnells comme des feux d’artifice. Des monuments aux morts en glorieuse béatitude tels des Christ sulpiciens, pour les pires tourments de la chair et de l’âme, cauchemars goyesques au cœur du réel ! Des livres d’histoire édulcorés et leurs vilains Boches. Et puis…Ernst Jünger, Roland Dorgelès, Blaise Cendrars, Céline, Otto Dix, André Masson, Apollinaire… Tardi et bien d’autres. Une autre vision et beaucoup de questions. »

Ce sont les mots qu’il avait écrit pour la plaquette de présentation de l’exposition.

 

Alexandre Cesarini, … et après ?

Artiste graphiste né en 1989, il porte un regard différent sur la grande guerre mettant les nouvelles technologies au service de son trait.  

 

Aurélien Lepage, Oubliée

Directeur artistique, né en 1991. Il s’inspire de son environnement, de son parcours et de son expérience professionnelle pour créer, sur tous types de supports, bois, toile, mur. Aussi bien à l’aise sur un mur que sur du papier, il utilise diverses techniques afin de créer plusieurs niveaux de lecture. Il exprime le souvenir oublié de la Grande Guerre chez les jeunes générations.

 

Michel Lepage La Grande Guerre à Larchant

Une vingtaine de panneaux reconstituent le déroulement de la Grande Guerre, au long de ces quatre années terribles, en portant l’attention sur les répercussions de cette guerre pour le village de Larchant et le parcours de ceux qui sont morts pour la France. Grâce à l’apport des habitants de Larchant, nous avons disposé de nombreux documents et photographies et eu accès à trois carnets de guerre, à la fois émouvants et intéressants.

 

Arthur Lucas Les retrouvailles

Contrebassiste et dessinateur né en 1994, Arthur Lucas ancre ses dessins dans une fine connaissance de la nature et du bois de la Commanderie. Il s’inspire de leurs plantes, leurs animaux, des êtres imaginaires qui les peuplent. Il raconte ici, à sa manière, la fin de la grande guerre et le retour de l’espoir.

 

Laurence Manesse Cesarini Gueule Cassée (1995)

Les hasards de la vie l’amènent à Larchant en 2003. Fille d’artiste elle commence ses études aux Beaux-Arts d’Angoulême. Elle évolue toujours dans cet univers artistique même si aujourd’hui la philosophie a pris le pas sur sa pratique artistique. A l’occasion de cette exposition, elle nous présente sa Gueule Cassée.

 

Marcel Mauvisseau (1892 – 1983) Album photo d’un poilu

Marcel Mauvisseau fut incorporé dans l’infanterie le 9 octobre 1913, blessé le 31 mars 1915, passé dans la réserve le 10 octobre 1915. Muni d’un petit appareil photo, il a su avec patience et talent, capter la vie quotidienne dans les tranchées. Lieutenant d’infanterie, il fut cité trois fois à l’ordre de l’armée. Ainsi : « A témoigné en de multiples combats d’une inlassable ardeur offensive et d’un superbe esprit de sacrifice. S’est particulièrement distingué à la tranchée de Calonne, en 1915, sous Verdun et sur la Somme en 1916, les 7, 8 et 9 mai 1917, a conquis en Champagne avec une ardeur irrésistible un système de tranchées puissamment fortifiées et énergiquement défendues où il a capturé [avec ses hommes] près de 300 prisonniers et de nombreux trophées.

Le 17 juillet, s’est porté à l’attaque avec un entrain et un ordre admirable, rompant sur un front de 1100 mètres et une profondeur de 1000 mètres toutes les organisations allemandes, capturant plus de 260 prisonniers, des mitrailleuses et des Minenwerfer. A dépassé les objectifs assignés et résisté à toutes les contre-attaques, malgré un violent bombardement. »

 

Janine Mignot Verdun, Bezonvaux, Douaumont… et

Plus près de nous, les cimetières et monuments aux morts de la Communauté de Communes du Pays de Nemours… une photographe, Janine Mignot, sur les traces de la « Grande Guerre », pour le souvenir et pour honorer ceux qui ont disparu !

 

Monique Sicard Barrières, la guerre, si loin… Auteure et réalisatrice de films documentaires de création, Monique Sicard s’empare ici de la photographie.
Car la Grande Guerre eut ses dommages collatéraux. Pour la première fois, un conflit atteignait l’ensemble de la vie sociale. Directement ou indirectement, aucune maison, aucun hameau ne furent épargnés. Le village de Barrières, ancré dans le calcaire ingrat du causse de Gramat eut à subir l’éloignement et la disparition des hommes. La grippe espagnole fit le reste. Si loin du front et de ses désastres, le village en ruine, victime de guerre, offre, de nos jours, la trace de ce qu’il fut autrefois, avant la catastrophe.

 

Théophile Alexandre Steinlen (1859 – 1923)

Croquis de temps de guerre 1914-1918

Peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur, Steinlen s’engage, à la fin du 19e siècle, dans l’affaire Dreyfus. Il y révèle, par ses dessins, les machinations militaires et les tromperies de l’Etat-major. La politique est ainsi profondément mêlée aux œuvres de cet artiste anarchiste de grand talent. En 1914-1918, ses dessins, gravures et lithographies n’hésiteront pas à dénoncer les tristesses et les méfaits de la Grande Guerre.

 

Nous remercions pour leur aide

Chantal de Biasi, Pascale Dubbert, Hélène Dumas, Sylvie Duval, François Ghigonis, Norma Guevara, Sylvain et Bernadette Lefavrais, Isabelle Lucas, Lydie Mauvisseau, Laurence Mével, l’association Culturelle de Larchant, PhiloZarts, les Mairies de la Communauté de Commune du Pays de Nemours et tous les bénévoles qui ont œuvré pour cette manifestation.

Nous remercions aussi les habitants de Larchant et d’autres villages, qui ont bien voulu nous confier des documents précieux, provenant de leurs familles, et des objets, témoins de cette époque. Nous citerons en particulier les personnes qui nous ont confié les écrits de membres de leur famille : Véronique Bonnet-Nora, Josseline Moulin et Michèle Favre. Un grand merci aussi à Sylvain Hervé, pour le prêt des vitrines et la présentation des objets qu’il a collectés.

Regard sur les oeuvres de Tamara Lise

Le prochain rendez-vous philo est prévu ce samedi 20 mai à 11h, exceptionnellement au Pavillon de l’Erable Domaine de Bel Ebat – Rue du Vieux Ru – 77210 Avon (01 60 74 80 58) où nous nous pencherons sur les oeuvres de Tamara Lise…. nous vous espérons nombreux !

unnamed (1)La proposition est plutôt originale puisqu’il s’agit de partir des œuvres de Tamara Lise exposées au Pavillon de l’Erable. Si la sève de cette exposition trouve son origine dans la poésie, comment peut-elle nous amener à la philosophie…. de quoi parlent ces œuvres et quels sont donc les philosophes qui peuvent enchainer sur ces propositions esthétiques ? Ces toiles blanches, de toutes tailles, à peine troublées par des plumes de papier ou de la dentelle de cuir à la manière d’un souffle, captent cependant le regard sur la couleur de l’encre qui s’impose. En quoi est-ce de l’art dans tout ce qu’il peut avoir de fin, de léger et pourtant de grave ? Voici les questions qui seront abordées….

Festival Les couleurs ont une histoire…. en images !

Le ROUGE à Milly la Forêt – très belle exposition dans un endroit magnifique – L’espace culturel du Moustier – jusqu’au 29 mai – ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

_JM05972ALe jour du vernissage….

Le BLEU à Villiers-sous-Grez, au foyer Jean Louis Garban jusqu’au 1er mai du lundi au vendredi de 14h à 18h et samedi dimanche de 10h à 18h

_JM05976Avec Elisabeth Joly au centre, initiatrice du Festival

Pour le vernissage…

Le VERT à Noisy sur Ecole jusqu’au dimanche 1er mai – ouvert de lundi à dimanche de 14h à 18h

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Le NOIR et BLANC c’est à Barbizon – Salle Marc Jacquet – vernissage samedi 30 avril à 18h

Le BRUN c’est au Vaudoué – Salle Polyvalente – Vernissage samedi 14 mai à 18h

Le JAUNE c’est à Larchant – Dans les granges d’Angela 26, rue des Sablons – Vernissage samedi 21 mai à 17h.

Apéro Philo Larchant le 15 février à 11h – Du désir, de l’amour et de l’amitié – 1

 

 deux chaises DESIR, AMOUR et AMITIE 

Photographie Janine Mignot

 

avec Laurence Manesse Cesarini (essayiste, professeure de philosophie) pour la philo et Janine Mignot (photographe) pour les photos !

Philosopher dans nos villages… pour s’ouvrir, s’étonner, grandir !

Vous avez dit désir ? mais encore…  Il y a désir et désir… désir de l’autre… désir de gloire… désir de reconnaissance… désir de liberté… s’agit-il toujours de la même chose ?

Platon (427-347 av. J.-C.) propose une critique radicale du désir qu’il appelle « désir appétit » quand Epicure (342-270 av. J.-C.) nous donne la recette du bonheur en hiérarchisant les désirs. Il faudra renoncer aux désirs vains pour se donner les moyens d’être heureux :

« Il faut se rendre compte que parmi nos désirs les uns sont naturels, les autres vains, et que parmi les premiers il y en a qui sont nécessaires et d’autres qui sont seulement naturels. Parmi les nécessaires, il y en a qui le sont pour le bonheur, d’autres pour la tranquillité continue du corps, d’autres enfin pour la vie même. Une théorie non erronée de ces désirs sait en effet rapporter toute préférence et toute aversion à la santé du corps et à la tranquillité de l’âme puisque c’est là la perfection même de la vie heureuse. Car tous nos actes visent à écarter de nous la souffrance et la peur. Lorsqu’une fois nous y sommes parvenus, la tempête de l’âme s’apaise, l’être vivant n’ayant plus besoin de s’acheminer  vers quelque chose qui  lui manque, ni de chercher autre chose pour parfaire le bien-être de l’âme et celui du corps. (…) Et c’est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie. »   Epicure, Lettre à Ménécée

Spinoza (1632-1677) va plus loin puisqu’il affirme que le désir est essence même de l’homme.

« Chaque chose, autant qu’il (il = le conatus = effort d’une chose pour persévérer dans son être) est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. (…)

Cet effort, quand il se rapporte à l’âme seule, est appelé volonté, mais, quand il se rapporte à la fois à l’âme et au corps est appelé appétit ; l’appétit n’est par là rien d’autre que l’essence même de l’homme, de la nature de laquelle suis nécessairement ce qui sert à sa conservation ; et l’homme est ainsi déterminé à le faire. De plus, il n’y a nulle différence entre l’appétit et le désir, sinon que le désir se rapporte généralement aux hommes, en tant qu’ils ont conscience de leurs appétits, et peut, pour cette raison se définir ainsi : le désir est l’appétit avec conscience de lui-même.

Il est donc établi par tout cela que nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n’appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne ; mais, au contraire, nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons. »             Spinoza, Ethique

 

Et pour Rousseau (1712-1778) celui qui ne désire plus ne peut pas être heureux !

« Malheur à celui qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide (mû par le désir) et borné (têtu et d’intelligence limitée), fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Etre existant par lui-même (Dieu) il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas.

Si cet effet n’a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes. Vivre dans peine n’est pas un état d’homme ; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable. »                                        Rousseau, La Nouvelle Héloïse

Marx enfin (1818-1882) nous explique que nous désirons parce que nous nous comparons aux autres.

« Qu’une maison soit grande ou petite, tant que les maisons d’alentour ont la même taille, elle satisfait à tout ce que, socialement, on demande à un lieu d’habitation. Mais qu’un palais vienne s’élever à côté d’elle, et voilà que la petite maison se recroqueville pour n’être plus qu’une  hutte. (…) nos besoins et nos jouissances ont leur source dans la société ; la mesure s’en trouve donc dans la société, et non dans les objets de leur satisfaction. Etat d’origine sociale, nos besoins (besoins sociaux = désirs) sont relatifs par nature. »                                                                                        Marx, Travail salarié et capital, 1849

Qu’allons nous faire de tout ça ? Nous en avons parlé ensemble….

Voici l’apéro philo en images !

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Salle Chatenoy – Larchant

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Pendant et après les festivités… une ambiance toujours agréable et chaleureuse ! l’important restant de parvenir à philosopher.. mais ensemble !

 

Janine Mignot Photographe et amie de la philo !

 

 

A l’âge de 12 ans, le nez au vent mais l’œil attentif, Janine Mignot étonne par le cadrage des photos de famille qu’elle fait avec son premier appareil.

A 20 ans, c’est en découvrant la Grèce que l’aventure des « arrêts sur image » commence avec autant d’évidence que de naturel. Lumière, couleur, cadre, l’œil saisit la photographie à faire avant qu’elle ne le soit.

Très vite l’affaire se précise, acquisition d’un appareil plus professionnel et découverte des techniques de développement.

Faire une photo commence par les errances du regard sur le monde jusqu’au surgissement d’une image qui s’impose. Faire une photo s’achève au sortir de la chambre noire : pour Janine Mignot on ne peut dissocier prise de vue et tirage.

En 1985, sans raison apparente, si le regard du photographe flotte encore sur le monde, les images n’y apparaissent plus… les appareils sont rangés et s’empoussièrent !

Il faudra attendre 2006 pour que, du monde, les images de nouveau s’imposent avec la nécessité de les fixer. Depuis, la photo commence toujours par ce surgissement venu du réel, suit le clic de l’appareil numérique puis celui de la souris … l’image ne sera exposée au regard de l’autre qu’à l’issue de ce voyage.

Aujourd’hui s’offrent à nous pas loin de 100 photographies, prélevées au fil du temps entre 2007 et 2014. Des séries sans en être, des tendances changeantes, reflets, flous, transparences. Certaine semble être l’œuvre d’un graveur, l’autre d’un peintre, celle-ci un collage, celle-là venir d’un autre siècle…. le regard du spectateur se laisse surprendre par ce que l’œil de Janine Mignot pointe du monde.

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Pavillon de l’Erable à Avon

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A Larchant, nous avons choisi d’exposer une des photographies de Janine Mignot à la mairie (de gauche à droite, Laurence Manesse Cesarini, Janine Mignot et Vincent Mével)

affiche

 

Une très belle exposition, de magnifiques photographies, pleines de poésie… un regard bien particulier qui emporte le nôtre pour une vision du monde tout autre.

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A droite Janine Mignot

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la série des murs

 

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dans le Pavillon de l’Erable